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Titre : Actium ou la paix romaine Type de document : texte imprimé Auteurs : Maurice Sartre, Auteur Année de publication : 1992 Article en page(s) : p. 32 à 36 Langues : Français (fre) Catégories : Entités temporelles:Périodisations:Antiquité:Antiquité gréco-romaine:Antiquité romaine Résumé :
A Actium, le 2 septembre 31 av. J.-C, Octave a vaincu Antoine : l'Occident romain a vaincu l'Orient. La Méditerranée se trouve, pour la première fois, unifiée et pacifiée. Des colonnes d'Hercule au Bosphore et au delta du Nil, la « Pax romana » règne sans partage. Parce qu'elle a su associer les notables provinciaux à la gestion de l'Empire.
Actium : un promontoire aride à l'entrée du golfe d'Ambracie sur la côte occidentale de la Grèce. Là s'élève un sanctuaire d'Apollon Aktios où les Acarnaniens avaient l'habitude de célébrer chaque année des concours en l'honneur du dieu. Depuis les guerres du IIe siècle av. J.-C. qui ont vu les armées romaines piller l'Épire et la Grèce de l'Ouest, l'endroit est peu fréquenté. Seule la position du cap, sur la route de l'Italie et de la Sicile, lui vaut d'être encore connu des marins qui relâchent, par mauvais temps, dans les eaux calmes du golfe.
C'est là que le 2 septembre 31 av. J.-C. se livre la bataille décisive qui met fin aux guerres civiles à Rome et ouvre la voie à l'annexion du dernier royaume hellénistique, l'Egypte. Certes, l'histoire ne se joue pas en un jour : Actium n'est que l'aboutissement (avant la prise d'Alexandrie le 1er août de l'année suivante) d'une campagne où Marc Antoine, général romain qui, maître de l'Orient, avait fini, disait Octave, par faire siens les intérêts de l'Egypte, au détriment de ceux de l'Empire, a laissé passer sa chance. Si militairement tout est joué à Actium, politiquement tout reste à faire : après la victoire d'Octave qui tient l'Occident de l'Empire et affirme défendre l'unité des territoires romains, il fallut des années pour que se mette en place une nouvelle organisation politique. Instant privilégié d'un long processus, Actium symbolise, depuis l'Antiquité, le passage de la guerre à la paix, de la désunion à l'unification politique de toute la Méditerranée, la seule qu'elle ait jamais connue.
Depuis la fin du IIIe siècle av. J.-C, Rome avait étendu son autorité à la fois sur l'ensemble de la péninsule italienne et sur les rivages de la Méditerranée. Cette extension, commencée en Occident par la conquête de la Sicile (241 av. J.-C), de la Sardaigne (236 av. J.-C.) et de l'Espagne (197 av. J.-C), s'est poursuivie conjointement dans les deux bassins de la Méditerranée. Elle s'est accélérée depuis le milieu du IIe siècle avant notre ère avec la création des provinces de Macédoine (148 av. J.-C), d'Afrique (146 av. J.-C), d'Asie (133-129 av. J.-C), et de Narbonnaise.
Luttant à la fois contre les pirates qui infestent toute la Méditerranée et contre le roi du Pont, Mithridate VI Eupator, dont les entreprises mettent en péril la présence romaine en Asie et en Grèce [1], Rome ne cesse d'étendre son autorité et de créer de nouvelles provinces en Orient : Cilicie (vers 96 av. J.-C), Bithynie-Pont (74 av. J.-C), Syrie (64 av. J.-C), Chypre (59 av. J.-C). Ainsi disparaissent les royaumes dits « hellénistiques », hérités des conquêtes d'Alexandre le Grand (356-323 av. J.-C), et ceux qui s'étaient constitués sur leurs marges. Presque partout, Rome s'approprie l'espace en installant une administration provinciale réduite, chargée essentiellement de maintenir l'ordre et de faire rentrer l'impôt. Ainsi, lorsque Marc Antoine et Octave, associés à Lépide au sein du Second Triumvirat [2] (octobre 43 av. J.-C), s'érigent en vengeurs de César assassiné, la quasi-totalité des rivages de la Méditerranée obéit à Rome, à l'exception du royaume lagide, réduit à l'Egypte [3]. Actium ne marque donc que l'achèvement d'une conquête déjà réalisée pour l'essentiel.
Cependant, dans les années 30 avant notre ère, cette hégémonie de Rome est encore répartie entre des maîtres rivaux. En octobre 42 av. J.-C, les triumvirs s'étaient partagé le monde : à Octave l'Occident, à Lépide l'Afrique, à Marc Antoine l'Orient, tandis que l'Italie restait le bien commun où chacun pourrait recruter des troupes. En 39 av. J.-C, il fallut faire une place à Sextus Pompée, le fils du « Grand Pompée » rival de César, qui reçut les îles (Sicile, Sardaigne, Corse) et l'Achaïe (au nord du Péloponnèse). Depuis lors, Octave était parvenu à reconstituer l'unité du bassin occidental en éliminant d'abord Lépide, puis Sextus Pompée (vaincu à Nauloque en 36 av. J.-C). On en revenait à un partage du monde entre deux imperatores dont la brouille, prévisible dès la fin 34 av. J.-C, devint évidente en février-mars 32 av. J.-C.
in L'histoire > N° 157 (Juillet-Août 1992) . - p. 32 à 36[article] Actium ou la paix romaine [texte imprimé] / Maurice Sartre, Auteur . - 1992 . - p. 32 à 36.
Langues : Français (fre)
in L'histoire > N° 157 (Juillet-Août 1992) . - p. 32 à 36
Catégories : Entités temporelles:Périodisations:Antiquité:Antiquité gréco-romaine:Antiquité romaine Résumé :
A Actium, le 2 septembre 31 av. J.-C, Octave a vaincu Antoine : l'Occident romain a vaincu l'Orient. La Méditerranée se trouve, pour la première fois, unifiée et pacifiée. Des colonnes d'Hercule au Bosphore et au delta du Nil, la « Pax romana » règne sans partage. Parce qu'elle a su associer les notables provinciaux à la gestion de l'Empire.
Actium : un promontoire aride à l'entrée du golfe d'Ambracie sur la côte occidentale de la Grèce. Là s'élève un sanctuaire d'Apollon Aktios où les Acarnaniens avaient l'habitude de célébrer chaque année des concours en l'honneur du dieu. Depuis les guerres du IIe siècle av. J.-C. qui ont vu les armées romaines piller l'Épire et la Grèce de l'Ouest, l'endroit est peu fréquenté. Seule la position du cap, sur la route de l'Italie et de la Sicile, lui vaut d'être encore connu des marins qui relâchent, par mauvais temps, dans les eaux calmes du golfe.
C'est là que le 2 septembre 31 av. J.-C. se livre la bataille décisive qui met fin aux guerres civiles à Rome et ouvre la voie à l'annexion du dernier royaume hellénistique, l'Egypte. Certes, l'histoire ne se joue pas en un jour : Actium n'est que l'aboutissement (avant la prise d'Alexandrie le 1er août de l'année suivante) d'une campagne où Marc Antoine, général romain qui, maître de l'Orient, avait fini, disait Octave, par faire siens les intérêts de l'Egypte, au détriment de ceux de l'Empire, a laissé passer sa chance. Si militairement tout est joué à Actium, politiquement tout reste à faire : après la victoire d'Octave qui tient l'Occident de l'Empire et affirme défendre l'unité des territoires romains, il fallut des années pour que se mette en place une nouvelle organisation politique. Instant privilégié d'un long processus, Actium symbolise, depuis l'Antiquité, le passage de la guerre à la paix, de la désunion à l'unification politique de toute la Méditerranée, la seule qu'elle ait jamais connue.
Depuis la fin du IIIe siècle av. J.-C, Rome avait étendu son autorité à la fois sur l'ensemble de la péninsule italienne et sur les rivages de la Méditerranée. Cette extension, commencée en Occident par la conquête de la Sicile (241 av. J.-C), de la Sardaigne (236 av. J.-C.) et de l'Espagne (197 av. J.-C), s'est poursuivie conjointement dans les deux bassins de la Méditerranée. Elle s'est accélérée depuis le milieu du IIe siècle avant notre ère avec la création des provinces de Macédoine (148 av. J.-C), d'Afrique (146 av. J.-C), d'Asie (133-129 av. J.-C), et de Narbonnaise.
Luttant à la fois contre les pirates qui infestent toute la Méditerranée et contre le roi du Pont, Mithridate VI Eupator, dont les entreprises mettent en péril la présence romaine en Asie et en Grèce [1], Rome ne cesse d'étendre son autorité et de créer de nouvelles provinces en Orient : Cilicie (vers 96 av. J.-C), Bithynie-Pont (74 av. J.-C), Syrie (64 av. J.-C), Chypre (59 av. J.-C). Ainsi disparaissent les royaumes dits « hellénistiques », hérités des conquêtes d'Alexandre le Grand (356-323 av. J.-C), et ceux qui s'étaient constitués sur leurs marges. Presque partout, Rome s'approprie l'espace en installant une administration provinciale réduite, chargée essentiellement de maintenir l'ordre et de faire rentrer l'impôt. Ainsi, lorsque Marc Antoine et Octave, associés à Lépide au sein du Second Triumvirat [2] (octobre 43 av. J.-C), s'érigent en vengeurs de César assassiné, la quasi-totalité des rivages de la Méditerranée obéit à Rome, à l'exception du royaume lagide, réduit à l'Egypte [3]. Actium ne marque donc que l'achèvement d'une conquête déjà réalisée pour l'essentiel.
Cependant, dans les années 30 avant notre ère, cette hégémonie de Rome est encore répartie entre des maîtres rivaux. En octobre 42 av. J.-C, les triumvirs s'étaient partagé le monde : à Octave l'Occident, à Lépide l'Afrique, à Marc Antoine l'Orient, tandis que l'Italie restait le bien commun où chacun pourrait recruter des troupes. En 39 av. J.-C, il fallut faire une place à Sextus Pompée, le fils du « Grand Pompée » rival de César, qui reçut les îles (Sicile, Sardaigne, Corse) et l'Achaïe (au nord du Péloponnèse). Depuis lors, Octave était parvenu à reconstituer l'unité du bassin occidental en éliminant d'abord Lépide, puis Sextus Pompée (vaincu à Nauloque en 36 av. J.-C). On en revenait à un partage du monde entre deux imperatores dont la brouille, prévisible dès la fin 34 av. J.-C, devint évidente en février-mars 32 av. J.-C.Afghanistan : le monde perdu des archéologues / Maurice Sartre in L'histoire, N° 261 (Janvier 2002)
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Titre : Afghanistan : le monde perdu des archéologues Type de document : texte imprimé Auteurs : Maurice Sartre, Auteur Année de publication : 2002 Article en page(s) : p. 26 & 27. Langues : Français (fre)
in L'histoire > N° 261 (Janvier 2002) . - p. 26 & 27.[article] Afghanistan : le monde perdu des archéologues [texte imprimé] / Maurice Sartre, Auteur . - 2002 . - p. 26 & 27.
Langues : Français (fre)
in L'histoire > N° 261 (Janvier 2002) . - p. 26 & 27.
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Titre : Alésia : la dernière bataille Type de document : texte imprimé Auteurs : Maurice Sartre, Auteur Année de publication : 2001 Article en page(s) : p. 58 à 61 Langues : Français (fre) Catégories : Entités temporelles:Périodisations:Antiquité:Antiquité gréco-romaine:Antiquité romaine Résumé : Alésia appartient à la légende nationale. La défaite finale de Vercingétorix face aux troupes de Jules César, en 52 av. J.-C., n'a cessé toutefois d'alimenter les débats : le site de la bataille est-il bien en Bourgogne où les archéologues le situent depuis Napoléon III ? C'est ce que démontrent les dernières fouilles.
En 52 av. J.-C., Jules César défait les Gaulois rassemblés autour de Vercingétorix à Alésia. Les faits sont connus et précisément racontés par le chef romain. Il a néanmoins fallu attendre le Second Empire pour qu'historiens et archéologues cherchent à retrou- ver le site de la bataille et lancent des fouilles à l'endroit présumé du combat : Alise-Sainte-Reine, en Bourgogne. Leurs découvertes et leurs conclusions, confirmées par les rapports de fouilles les plus récents, n'ont pourtant cessé d'être remises en cause. Si Napoléon III n'avait apporté aux premières fouilles d'Alésia ses moyens et sa caution, s'il n'en avait pas lui-même publié anonymement les principaux résultats, il est probable que de telles polémiques n'auraient jamais eu lieu.
in L'histoire > N° 260 (Décembre 2001) . - p. 58 à 61[article] Alésia : la dernière bataille [texte imprimé] / Maurice Sartre, Auteur . - 2001 . - p. 58 à 61.
Langues : Français (fre)
in L'histoire > N° 260 (Décembre 2001) . - p. 58 à 61
Catégories : Entités temporelles:Périodisations:Antiquité:Antiquité gréco-romaine:Antiquité romaine Résumé : Alésia appartient à la légende nationale. La défaite finale de Vercingétorix face aux troupes de Jules César, en 52 av. J.-C., n'a cessé toutefois d'alimenter les débats : le site de la bataille est-il bien en Bourgogne où les archéologues le situent depuis Napoléon III ? C'est ce que démontrent les dernières fouilles.
En 52 av. J.-C., Jules César défait les Gaulois rassemblés autour de Vercingétorix à Alésia. Les faits sont connus et précisément racontés par le chef romain. Il a néanmoins fallu attendre le Second Empire pour qu'historiens et archéologues cherchent à retrou- ver le site de la bataille et lancent des fouilles à l'endroit présumé du combat : Alise-Sainte-Reine, en Bourgogne. Leurs découvertes et leurs conclusions, confirmées par les rapports de fouilles les plus récents, n'ont pourtant cessé d'être remises en cause. Si Napoléon III n'avait apporté aux premières fouilles d'Alésia ses moyens et sa caution, s'il n'en avait pas lui-même publié anonymement les principaux résultats, il est probable que de telles polémiques n'auraient jamais eu lieu.
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Titre : Et Auguste s'installa sur le Palatin Type de document : texte imprimé Auteurs : Maurice Sartre, Auteur Année de publication : 2000 Article en page(s) : p. 18, 19. Langues : Français (fre) Catégories : Entités temporelles:Périodisations:Antiquité:Antiquité gréco-romaine:Antiquité romaine Résumé : C'est l'une des collines de Rome, le Palatin, qui a donné son nom à nos « palais ». Car c'est là que s'est édifié un ensemble de résidences à la fois privées et publiques, qui allait incarner, durant trois siècles, le pouvoir des empereurs. Manuel Royo nous invite à en faire la visite.
Comment s'est constitué et développé le gigantesque en-semble qui resta, durant plus de trois siècles, le centre de l'autorité publique ? Sans prétendre couvrir l'histoire du Palatin dans sa totalité, Manuel Royo, qui est associé aux fouilles du site depuis de nombreuses années, s'attache, dans un ouvrage remarquable, à sa genèse, depuis les acquisitions d'Auguste, jusqu'à la rationalisation entreprise par les Flaviens Vespasien puis ses deux fils, Titus et Domitien, entre 69 et 96, et montre combien l'idée même d'un palais fut lente à émerger1.
Il faut en réalité remonter au dernier siècle de la République Ier siècle av. J.-C. : s'organise alors un véritable quartier d'habitat aristocratique à proximité immédiate du Forum — et donc des activités politiques, religieuses et économiques de la cité.
Grâce aux recoupements des sources épigraphiques, littéraires et archéologiques, Manuel Royo parvient à reconstituer avec une grande précision la liste des propriétaires, tous gens de pouvoir. Or la somptuosité des maisons représente l'un des éléments de la rivalité politique qui les oppose, chacun ayant à coeur de manifester ainsi sa puissance et sa richesse.
Ce quartier fut progressivement et partiellement récupéré par Octave-Auguste 30 av. J.-C.-14 ap. J.-C., pour lui et son entourage, ce qui lui permit d'associer en un endroit privilégié de la ville, déjà fortement marqué par l'exercice du pouvoir, à la fois sa domus privée et le lieu de la décision politique. Jouant habilement des souvenirs religieux et historiques, réels et supposés comme la cabane où aurait vécu Romulus, Auguste choisit d'implanter sa demeure dans l'angle ouest de la colline, là où la tradition localisait à la fois les origines romuléennes et troyennes de Rome2.
L'exclusion progressive de tout autre propriétaire devint inévitable et elle se fit pour l'essentiel dès le règne d'Auguste, même si quelques-uns parvinrent à se maintenir jusqu'au milieu du Ier siècle ap. J.-C. La juxtaposition ultérieure de nouveaux bâtiments ne forme pas pour autant un « palais » impérial, du moins jusqu'à la mort de Néron 68.
Il ne s'agit encore que d'une suite de résidences qui se combinent les unes aux autres et dont seule l'accumulation finit par consacrer le caractère exceptionnel du Palatin. Mais si, dès l'époque d'Auguste, la domus du prince abrite quelques services utiles au gouvernement de l'Empire, elle n'incarne pas elle-même le pouvoir.
C'est cependant un fait suffisamment nouveau pour que le poète Ovide 43 av. J.-C.-17/18 ap. J.-C., le premier, forge un mot tiré du nom de la colline pour désigner la maison du prince, mot qu'il met curieusement au pluriel : « palatia » d'où notre palais. Mais les palatia n'en sont pas encore à supplanter comme lieu de pouvoir la curie ou les rostres tribunes aux harangues, là où s'exprimaient l'autorité du Sénat et l'éloquence politique.
La construction d'un nouvel ensemble, plus homogène architecturalement, nommé domus Tiberiana , a pu laisser croire que l'idée d'un réel palais avait pris corps dès Tibère 14-37.
Mais d'une part on n'y trouve que peu de locaux affectés au service de l'empereur ; d'autre part, il semble bien que cette domus , qui paraît avoir servi de résidence aux jeunes princes et à l'héritier désigné, ait, pour l'essentiel, été édifiée au temps de Néron.
Ce n'est en fait que sous les Flaviens que s'édifie un véritable palais enfin dégagé de la maison aristocratique héritée de l'époque républicaine. Alors, la réunion progressive des diverses demeures impériales domus imperatoriae autour du palais finit par incarner l'exercice du pouvoir aux yeux de tous. Sont désormais rassemblés l'habitation du prince, le lieu de ses loisirs dont les jardins et les salles d'apparat où il manifeste son pouvoir : l' aula y symbolise l'ensemble du palais, devenu, plus que la résidence de l'empereur, celle d'un dieu.
in L'histoire > N° 240 (Février 2000) . - p. 18, 19.[article] Et Auguste s'installa sur le Palatin [texte imprimé] / Maurice Sartre, Auteur . - 2000 . - p. 18, 19.
Langues : Français (fre)
in L'histoire > N° 240 (Février 2000) . - p. 18, 19.
Catégories : Entités temporelles:Périodisations:Antiquité:Antiquité gréco-romaine:Antiquité romaine Résumé : C'est l'une des collines de Rome, le Palatin, qui a donné son nom à nos « palais ». Car c'est là que s'est édifié un ensemble de résidences à la fois privées et publiques, qui allait incarner, durant trois siècles, le pouvoir des empereurs. Manuel Royo nous invite à en faire la visite.
Comment s'est constitué et développé le gigantesque en-semble qui resta, durant plus de trois siècles, le centre de l'autorité publique ? Sans prétendre couvrir l'histoire du Palatin dans sa totalité, Manuel Royo, qui est associé aux fouilles du site depuis de nombreuses années, s'attache, dans un ouvrage remarquable, à sa genèse, depuis les acquisitions d'Auguste, jusqu'à la rationalisation entreprise par les Flaviens Vespasien puis ses deux fils, Titus et Domitien, entre 69 et 96, et montre combien l'idée même d'un palais fut lente à émerger1.
Il faut en réalité remonter au dernier siècle de la République Ier siècle av. J.-C. : s'organise alors un véritable quartier d'habitat aristocratique à proximité immédiate du Forum — et donc des activités politiques, religieuses et économiques de la cité.
Grâce aux recoupements des sources épigraphiques, littéraires et archéologiques, Manuel Royo parvient à reconstituer avec une grande précision la liste des propriétaires, tous gens de pouvoir. Or la somptuosité des maisons représente l'un des éléments de la rivalité politique qui les oppose, chacun ayant à coeur de manifester ainsi sa puissance et sa richesse.
Ce quartier fut progressivement et partiellement récupéré par Octave-Auguste 30 av. J.-C.-14 ap. J.-C., pour lui et son entourage, ce qui lui permit d'associer en un endroit privilégié de la ville, déjà fortement marqué par l'exercice du pouvoir, à la fois sa domus privée et le lieu de la décision politique. Jouant habilement des souvenirs religieux et historiques, réels et supposés comme la cabane où aurait vécu Romulus, Auguste choisit d'implanter sa demeure dans l'angle ouest de la colline, là où la tradition localisait à la fois les origines romuléennes et troyennes de Rome2.
L'exclusion progressive de tout autre propriétaire devint inévitable et elle se fit pour l'essentiel dès le règne d'Auguste, même si quelques-uns parvinrent à se maintenir jusqu'au milieu du Ier siècle ap. J.-C. La juxtaposition ultérieure de nouveaux bâtiments ne forme pas pour autant un « palais » impérial, du moins jusqu'à la mort de Néron 68.
Il ne s'agit encore que d'une suite de résidences qui se combinent les unes aux autres et dont seule l'accumulation finit par consacrer le caractère exceptionnel du Palatin. Mais si, dès l'époque d'Auguste, la domus du prince abrite quelques services utiles au gouvernement de l'Empire, elle n'incarne pas elle-même le pouvoir.
C'est cependant un fait suffisamment nouveau pour que le poète Ovide 43 av. J.-C.-17/18 ap. J.-C., le premier, forge un mot tiré du nom de la colline pour désigner la maison du prince, mot qu'il met curieusement au pluriel : « palatia » d'où notre palais. Mais les palatia n'en sont pas encore à supplanter comme lieu de pouvoir la curie ou les rostres tribunes aux harangues, là où s'exprimaient l'autorité du Sénat et l'éloquence politique.
La construction d'un nouvel ensemble, plus homogène architecturalement, nommé domus Tiberiana , a pu laisser croire que l'idée d'un réel palais avait pris corps dès Tibère 14-37.
Mais d'une part on n'y trouve que peu de locaux affectés au service de l'empereur ; d'autre part, il semble bien que cette domus , qui paraît avoir servi de résidence aux jeunes princes et à l'héritier désigné, ait, pour l'essentiel, été édifiée au temps de Néron.
Ce n'est en fait que sous les Flaviens que s'édifie un véritable palais enfin dégagé de la maison aristocratique héritée de l'époque républicaine. Alors, la réunion progressive des diverses demeures impériales domus imperatoriae autour du palais finit par incarner l'exercice du pouvoir aux yeux de tous. Sont désormais rassemblés l'habitation du prince, le lieu de ses loisirs dont les jardins et les salles d'apparat où il manifeste son pouvoir : l' aula y symbolise l'ensemble du palais, devenu, plus que la résidence de l'empereur, celle d'un dieu.
Bar Kokhba contre Rome, Le dernier combat des Juifs de Judée / Maurice Sartre in L'histoire, N° 255 (Juin 2001)
[article]
Titre : Bar Kokhba contre Rome, Le dernier combat des Juifs de Judée Type de document : texte imprimé Auteurs : Maurice Sartre, Auteur Année de publication : 2001 Article en page(s) : pp. 66 à 71 Langues : Français (fre) Catégories : Entités temporelles:Périodisations:Antiquité:Antiquité gréco-romaine:Antiquité romaine Résumé : En 132, la Judée se soulève contre l'occupant romain. A la tête des révoltés : Bar Kokhba, « le Fils de l'Étoile ». Sa défaite devant les troupes de l'empereur Hadrien aura des conséquences incalculables : les Juifs deviennent une minorité en Terre promise. Pour près de deux mille ans.
Été 70 : le "Temple* de Jérusalem brûle. Accident, geste vengeur d'un légionnaire romain contrevenant aux ordres ? Destruction volontaire sur ordre exprès du général en chef et futur empereur Titus ? Peu importe, après tout. Seul compte le résultat : la destruction du lieu unique du culte juif, la ruine de la ville et la déportation de ses habitants.
Après trois ans de siège où les troupes romaines ont passé le plus clair de leur temps à observer les bandes juives rivales s'entredéchirer et terroriser leurs compatriotes, la victoire est enfin là .
Et ce n'est pas la résistance du rocher de Massada, dernière place forte à tomber en 73 ou 74, qui puisse mettre en péril la domination de Rome restaurée sur la Judée entière. Tout porte à croire que les Juifs, qui n'ont cessé de s'agiter depuis plus d'un siècle — la conquête romaine remonte à 63 av. J.-C. —, sont enfin matés.
in L'histoire > N° 255 (Juin 2001) . - pp. 66 à 71[article] Bar Kokhba contre Rome, Le dernier combat des Juifs de Judée [texte imprimé] / Maurice Sartre, Auteur . - 2001 . - pp. 66 à 71.
Langues : Français (fre)
in L'histoire > N° 255 (Juin 2001) . - pp. 66 à 71
Catégories : Entités temporelles:Périodisations:Antiquité:Antiquité gréco-romaine:Antiquité romaine Résumé : En 132, la Judée se soulève contre l'occupant romain. A la tête des révoltés : Bar Kokhba, « le Fils de l'Étoile ». Sa défaite devant les troupes de l'empereur Hadrien aura des conséquences incalculables : les Juifs deviennent une minorité en Terre promise. Pour près de deux mille ans.
Été 70 : le "Temple* de Jérusalem brûle. Accident, geste vengeur d'un légionnaire romain contrevenant aux ordres ? Destruction volontaire sur ordre exprès du général en chef et futur empereur Titus ? Peu importe, après tout. Seul compte le résultat : la destruction du lieu unique du culte juif, la ruine de la ville et la déportation de ses habitants.
Après trois ans de siège où les troupes romaines ont passé le plus clair de leur temps à observer les bandes juives rivales s'entredéchirer et terroriser leurs compatriotes, la victoire est enfin là .
Et ce n'est pas la résistance du rocher de Massada, dernière place forte à tomber en 73 ou 74, qui puisse mettre en péril la domination de Rome restaurée sur la Judée entière. Tout porte à croire que les Juifs, qui n'ont cessé de s'agiter depuis plus d'un siècle — la conquête romaine remonte à 63 av. J.-C. —, sont enfin matés.PermalinkDamas-Médine : Le chemin de fer des archéologues / Maurice Sartre in L'histoire, N° 228 (Janvier 1999)
PermalinkDe Palmyre à Pétra : Les Grands travaux des archéologues / Maurice Sartre in L'histoire, N° 205 (Décembre 1996)
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